Infolettre du Festival International du Film Ornithologique de Ménigoute

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Édito - Le monde plein

"Jamais je ne me suis résigné à ce que les hommes ont fait de la Terre", disait Robert Hainard, artiste naturaliste et philosophe. En cette fin d'année propice aux bilans et aux perspectives, on peut supposer que son point de vue sur l'état de la planète resterait circonspect.
Parmi les temps forts de ces derniers mois, l'issue - proche de l'échec - de la conférence internationale sur le climat, à Varsovie, joliment baptisée COP19, qui devrait conduire en décembre 2015, à Paris, à la signature du premier accord mondial de réduction des émissions de gaz à effet de serre s'appliquant à tous les pays. Lasses, les organisations de la société civile française représentées par le Réseau Action Climat-France ont décidé de claquer la porte et la conférence polonaise a fini par  accoucher d'une feuille de route qui a le mérite de baliser des étapes jusqu'à la prochaine échéance.
Ça, c'était pour le côté obscur. Mais revenons au-dessus de la ligne, c'est le cas de le dire. Si l'on peut légitimement douter de nos institutions et de leur capacité à agir pour l'environnement, il n'en va pas de même sur le pouvoir d'influence des consommateurs. J'en ai pour preuve le petit miracle qui s'est produit récemment au sujet de la pétition sur le chalutage profond. Boostée par une BD drôle et pédagogique de la blogueuse Pénélope Bagieu, que d'aucuns jugent simpliste, voire mensongère, la pétition lancée par l'association Bloom a rassemblé plus de 740 000 signatures en quelques jours. Vulgariser des problématiques environnementales - toujours complexes - pour que le grand public se les approprie reste un vrai défi, mais cet exemple montre que les citoyens peuvent réagir en nombre sur un enjeu qui fait le buzz sur le Net. Faut-il en passer par l"'infotainment", qui concilie information et divertissement, au risque de courroucer les détracteurs des médias jugés par trop infantilisants et démagogiques ?
Face à tous ces chantiers - loup, réchauffement climatique, déforestation, surpêche…-, que demander au Père Noël ? Plus de conscience écologique, plus de courage politique ? Plus de discernement ?

Espérons en tout cas, pour redonner la parole au sage Robert Hainard, "chercheur d'absolu" dans son dernier ouvrage, Le Monde plein, « que nous atteindrons la modération par l’élan de l’amour, non sous la contrainte ou la peur ». Et que nous rendrons plus vivable un monde qui tourne à vide.

 

Catherine Levesque



Actualités

Collaboration avec la Pologne

L'équipe de Mainate s'est rendue en septembre dernier à Bialowieza, en Pologne. De cette collaboration avec la fondation éducative Jacek Kuron vont naître en janvier les premières rencontres sur le thème du cinéma animalier, inspirées du Fifo.


3 questions à… Pierre Déom, père de La Hulotte, qui célèbre son 100e numéro !

• Le « journal le plus lu dans les terriers » -150 000 abonnés ! - fête son 100e numéro ! La Hulotte a désormais une page Facebook… mais votre méthode reste-t-elle artisanale ?
Je n'ai jamais réussi à faire plus de deux numéros par an, voire un seul, selon la complexité des sujets. Il m'arrive parfois de les ajourner pour des problèmes de documentation ou d'illustration. Je suis aidé par une documentaliste qui effectue un gros travail de recherche, de vérifications… Elle s'occupe aussi du courrier, aidée de six autres personnes pour les aspects administratifs.
Je continue à passer en moyenne 600 heures à dessiner pour chaque numéro et le journal me prend tout mon temps. La mise en page électronique a certes été un cadeau fantastique, tout comme le traitement de texte, mais le matériel et les logiciels deviennent vite obsolètes. Mes vieux bouquins de 40 ans ont jauni, eux, mais ils sont toujours là. Les plumes fines anciennes que j'utilise pour les traits de contour sont devenues introuvables et je fais appel à mes lecteurs pour en récupérer ! J'espère que les Rotring à cartouche que j'utilise pour les hachurages très fins ne sont pas voués à disparaître…
Internet a simplifié la recherche des résumés scientifiques mais il y a peu de travaux en ligne et les sources ne sont pas toujours fiables. Pour moi, la vraie merveille du monde numérique, c'est la facilité à faire circuler des photos. Quant au fait de continuer à dessiner La Hulotte en noir et blanc, ça nous coûte plus cher que si elle était éditée en quadrichromie !

• Comment choisissez-vous vos sujets ?
Au coup de cœur, que je corrige par une exigence de diversité. Il arrive qu'il y ait trop d'oiseaux à la suite ! Mais tout m'intéresse, avec une amitié particulière pour les araignées. Quand il s'agit d'oiseaux et de mammifères, on trouve de la documentation de façon désarmante, avec une grande fiabilité. Avec les insectes, on se donne plus de mal et il faut bien contrôler. Quant à faire vivre le végétal, c'est carrément compliqué ! Pour la cardère, par exemple, que je trouve très graphique, j'avais fait de nombreuses observations sur le terrain. J'ai eu la chance de tomber sur la publication d'une scientifique canadienne qui avait étudié sa stratégie végétale car il s'agit là-bas d'une plante invasive. Le résultat s'est avéré captivant pour une plante a priori banale. Pour l'article sur les escargots perforateurs, je ne trouvais aucune information depuis la découverte de ce phénomène en 1843. Internet m'a permis de dénicher quelqu'un qui s'intéresse à cet invertébré aujourd'hui. En fait, les numéros que je préfère sont ceux dont j'ai défriché les sujets : le guide des toiles d'araignées, les petits mystères des grands bois par exemple…

• Vous avez 64 ans : quel bilan et quel avenir pour La Hulotte ?
La Hulotte existe depuis 1972 et je ne me suis jamais posé la question ! Ce que je fais me passionne, je ne prends pas de vacances et je n'ai jamais pensé à la retraite. Je suis assigné à résidence à Boult-aux-Bois ! D'ailleurs, je ne suis jamais allé au Festival de Ménigoute faute de temps, alors que j'en ai une image très positive. J'enregistre néanmoins beaucoup de films par intérêt personnel et comme source de documentation.

Propos recueillis par Catherine Levesque.
Les oiseaux de Robert Hainard en portfolios

"L'image vaut ce que valent la clarté et la puissance du souvenir, mais il n'est pas de mémoire sans lacunes. Le meilleur croquis est celui qui réveille le souvenir le plus complet, au-delà de ses propres traits. C'est le trahir alors que de le copier trop graphiquement." L'on pourrait appliquer ce précepte de Robert Hainard à l'hommage que vient de lui rendre Marie-Madeleine Defago Paroz en éditant via la Fondation Hainard huit portfolios de ses œuvres ornithologiques. Le travail éditorial qu'elle a effectué pendant un an est remarquable à bien des égards. Parmi le millier de gravures de l'artiste, un tiers représente des oiseaux : il a donc fallu faire des choix cornéliens. Des 450 carnets de croquis qu'il a noircis, Marie-Madeleine Defago Paroz a tiré 10 000 clichés de volatiles, de l'ébauche à l'esquisse. Elle a aussi pioché dans ses 2 000 aquarelles, pour au final sélectionner 144 "images" réparties par affinités en huit portfolios de 18 planches cartonnées : oiseaux d'eau, échassiers, gallinacés, rapaces diurnes, rapaces nocturnes, passereaux I, II et III. " J'ai choisi de vous montrer ces images parce qu'on y sent l'air sous l'oiseau et dans ses plumes, l'espace, le mouvement surtout…"
Son travail muséal ne s'arrête pas là. Avec un enthousiasme qu'elle partage volontiers, l'auteure s'est immergée dans quatre cartons d'archives, exhumant moult observations de cet immense artiste polyvalent et prolifique, naturaliste et philosophe. "La maison ressemblait à un chantier, plaisante-t-elle. J'ai sélectionné certains textes pour les associer aux images choisies, puis rédigé une synthèse différente pour chaque portfolio."

Pour veiller au respect des reproductions, elle a suivi l'impression avec le photographe d'art. Le résultat est à la hauteur de la renommée de l'homme et les planches représentées (21 x 21 cm) ont l'avantage de pouvoir être encadrées… même par de petits budgets. Une initiative à saluer à la veille de Noël !

> Chaque portfolio est en vente sur le site de la Fondation Hainard au prix de 20 € (130 € les huit). Ils feront l'objet d'une exposition pour les 30 ans du Festival de Ménigoute, l'année prochaine !

 

Catherine Levesque

Brèves

Arbres de Noël tropicaux

On profite des vacances de Noël pour emmener toute la famille, recomposée ou pas, voir Il était une forêt, le dernier film de Luc Jacquet, qui totalisait en troisième semaine 234 000 entrées.  On est loin du succès international de La Marche de l'empereur (5,8 millions d'entrées en Europe !), mais les arbres, aussi beaux soient-ils, ne rivaliseront jamais avec des manchots… Quant aux livres et au jeu déclinés à partir du film, ils constituent autant d'idées de cadeaux à déposer sous le sapin de Noël qui, on le rappelle, ne contribue pas à la déforestation, lui.

 

Brasser nature et culture

Le Festival de Ménigoute figurait cette année parmi les 20 initiatives soutenues par la Fondation Kronenbourg en 2013. Représenté par Marie-Christine Brouard, le Fifo a ainsi reçu 5 000 euros pour sa capacité à "conjuguer nature et culture, en images et en sons". Ce soutien a permis de concrétiser un grand programme musical sur toute la durée de la manifestation, contribuant à l’essor de jeunes talents régionaux.


Un bout du monde par Malaterre

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Le réalisateur Jacques Malaterre était présent sur le plateau de Mainate TV  lors du dernier Festival de Ménigoute. Le plus beau pays du monde - documentaire qu'il a réalisé avec des élèves de l'Iffcam  - sera diffusé sur France 2 le mardi 17 décembre, à 20 h 45, et sort en DVD et en Blu-Ray le lendemain. Après trois ans de recherches, d’écriture et de tournage, le film est un hymne à la biodiversité de la France, de la haute montagne (Alpes, Pyrénées) jusqu’aux fonds sous-marins de Corse, en passant par les lacs vosgiens, les causses, les gorges du Tarn, le Marais poitevin, la forêt de Fontainebleau, la Lozère..."Nous avons choisi de nous émerveiller, de montrer ce qui est beau autour de nous, d’aller là où la nature s’épanouit avec l’homme", a déclaré Jacques Malaterre, également interviewé dans notre newsletter  de mars dernier.

 


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